Laboratoire de Recherches philosophiques sur les Logiques de l'Agir (EA 2274) eBooks
•01 Jan 2001Ce volume collectif se propose de «saisir d’une maniere globale l’histoire et le developpement du savoir scientifique dans son espace d’origine, ainsi que l’influence de ce savoir sur l’homogeneisation des societes occupant cet espace» (p. 9), afin de palier l’absence d’ouvrage general traitant l’Europe scientifique comme unite intellectuelle au cours des siecles. L’originalite d’une telle approche se manifeste a trois niveaux : – utilisant la connaissance renouvelee des sources antiques et medievales, elle donne a comprendre la complexite de la revolution scientifique europeenne ; – reposant sur la conception moderne de la science comme activite sociale, elle met l’accent sur le lien entre les connaissances scientifiques et leurs modes de production ; – procedant d’une vision large de l’Europe, elle considere des regions (Russie, peninsule Iberique, pays scandinaves, Balkans) jusqu’ici negligees. – La premiere Partie, «La construction de la science europeenne», en examine d’abord la genese depuis l’Antiquite, dans ses lieux et dans ses contenus (Gerard Simon, “La science grecque”), jusqu’a ce que l’ensemble des etudes et travaux grecs et arabes constitue un champ homogene de savoirs qui s’etendra jusqu’a la fin du Moyen Âge (Michele Gally et Michel Assimakopoulos, “L’espace europeen de la pensee medievale”). Cette large perspective historique rend alors possible une meilleure comprehension de la specificite de ce phenomene strictement europeen que constitue l’apparition de la nouvelle conception du savoir, la «science classique», developpee au cours de la deuxieme moitie du XVIe siecle (H. Floris Cohen, “Les raisons de la transformation et la specificite europeenne”). Cette transformation repose en particulier sur une conception renouvelee du cosmos (Jean Seidengart, “La destruction du cosmos aristotelicien de Copernic a Newton”), ainsi que sur une generalisation des procedures experimentales et de la mathematisation des phenomenes de la nature (Michel Blay, “La mathematisation de la nature”). Des lors, les grandes disciplines (mecanique, electricite) se constituent (Giorgio Israel, “L’ideologie de la toute-puissance de la science. La constitution des champs disciplinaires”). Correlativement a cette transformation, on observe une reorganisation des modes de production des savoirs, avec l’apparition d’un nouveau type de savant et de nouvelles formes d’organisation de la science (Marco Beretta, “Institutionnalisation et professionnalisation”), le developpement des congres et de la presse internationale (Helene Gispert, “Les journaux scientifiques en Europe”). – La Seconde Partie de l’ouvrage est consacree aux raisons et aux modalites de «L’extension de l’espace scientifique europeen», – en Russie (article de Yakov M. Rabkin et Sumitra Rajagopalan), – dans la peninsule Iberique (Antonio Ten), – les pays scandinaves (Sven Widmalm), – les Balkans (Efthymios Nicolaidis), – l’Europe centrale, l’exemple de la Hongrie (Gabor Pallo). – Bibliogr. Selectives ; – Index pp. 425-437. M.-M. V.